Parole citoyenne

Il y a 75 ans, libération du camp d’Auschwitz

Le racisme est un virus qui tient la corde en matière de morbidité. Il commence tout petit, incolore, inodore, une petite blague qui marque la “différence” d’un membre de l’identité dominante avec un juif, un arabe, un noir, un asiatique. Avec une femme aussi, tant que l’identité dominante reste masculine : il y a un lien entre les petites dérapages sexistes et les féminicides : 65 000 par an dans le monde.

Auschwitz, usine à tuer : 1 000 000 de morts.

Derrière le ravage des civilisations de l’Amérique précolombiennes au XVIe siècle, il y a l’anodin sentiment de supériorité raciale de l’Europe “blanche”. On peut voir, trônant sur une place de Pontoise, la statue du général Charles Victoire Emmanuel Leclerc, natif du lieu et beau-frère de Bonaparte, envoyé par le Premier Consul avec une armée de 40 000 hommes pour rétablir l’esclavage à Saint-Domingue (l’actuelle Haïti). Dans une lettre à son illustre parent, l’honorable pontoisien préconise explicitement le génocide des “Nègres des montagnes”. Pourquoi aller “chercher la petite bête” diront celles et ceux qui n’y voient pas de mal. “Détail” dira Jean-Marie Le Pen évoquant le massacre industriel de six millions d’humains de tous âges classés “juifs”.

Les armes ont libéré Auschwitz. Gloire à ceux qui ont risqué leur vie pour sauver celle des quelques rescapés dont la mémoire ensanglantée nous est si précieuse. La “petite bête” est un monstre aux allures d’abord sournoises, puis qui prend la forme d’une dévoration sans frein où tout sentiment d’humanité se dissout.

Pour la mémoire des millions de ses victimes, pour l’honneur des héros qui ont perdu la vie en combattant l’atrocité, chassons “la petite bête”, traquons le “détail”, nettoyons notre avenir commun de cette épouvante.

Libération du camp de Dachau en Allemagne, le 29 avril 1945.

Article publié le 3 février 2020.

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