3 femmes, 3 expos

Expositions du 7 au 18 janvier 2020

Vernissage des expositions le mardi 7 janvier, à partir de 18h30, à la Maison du Citoyen.

Lisa Ternon

Peinture

Lisa Ternon développe une double pratique de scénographe et d’artiste, autour de questionnements contigus sur la représentation de l’espace et des signes que lui impriment le temps et l’homme.

Depuis sa sortie de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs, elle œuvre dans un premier temps comme scénographe de théâtre, puis décoratrice de cinéma et d’intérieur. Ce métier l’amène à observer les traces que laissent les gens dans leurs intérieurs, ce que ces dernières racontent d’eux.

En parallèle, son travail de dessin et de gravure joue avec les échelles. Le regard plonge au cœur des pierres comme il pénètrerait au sein d’un vaste paysage nocturne. D’une image à l’autre, ne demeurent que les expressions de phénomènes naturels et universels.

Point de départ de sa réflexion, les paésines – ou pierres imagées – désignent ces tranches que l’homme a découpées dans des blocs de marbre tendre, laissant apparaître des paysages plus ou moins abstraits, des architectures ruiniformes, entièrement tracées par la nature. Pour le philosophe naturaliste Jean-Baptiste Robinet, les pierres imagées seraient la préfiguration du monde actuel. Elles contiennent les traces des essais que la Nature aurait menés avant de se consacrer à leur réalisation effective. Le présent comme préfiguré dans le passé. En ces temps d’Anthropocène, le travail de Lisa Ternon interroge cette chronologie,
renversant notre regard sur ces pierres millénaires : l’homme disparu, ne restent que des images de ses territoires.

Plus d’informations sur son site internet.

Annick Limouzin

Peinture

J’ai suivi des études d’histoire de l’art et en même temps j’ai beaucoup dessiné dans les musées, surtout les sculptures pour apprendre les volumes, les ombres et les lumières. Ensuite, peu à peu j’ai dessiné les paysages de France, les fleurs et les animaux, en fait la nature. Je garde en mémoire, lors d’une lecture, ce précieux conseil, qui avait été écrit par le peintre Joseph Vernet, de toujours dessiner d’après la nature qui est un grand maître, ce qui est vrai tant il est difficile de « saisir » l’âme d’un paysage.

Magda Hoibian

Peinture

Ma démarche artistique se base, entre autre, sur mes rapports à l’abstraction et au temps,mais aussi sur les textures et couleurs de façon presque charnelle et instinctive. “Le temps révèle toute chose.” Tertullien.
J’ai un processus qui est en plusieurs temps : Je travaille dans un premier temps mes fonds. Je prépare ma palette de couleurs et les pinceaux ou couteaux que je sens à ce moment et je travaille. Je travaille les fonds de façon intime, entière, avec les mains souvent et en engageant tout mon corps, je dose les matières en préparant des textures avant, les fonds sont complets, épais, importants. Quand les formes apparaissent et qu’une composition s’en dégage, je m’en retire et là avant un second temps, je laisse du temps passer.

J’ai besoin de ce rapport au temps dans ma démarche artistique. Du temps qui s’écoule, de tout ce qui se passe dans le processus de création dans ce passage presque à vide et pendant le sommeil ou les marches lentes. Du temps pendant mes lectures aussi. Je reviens à mon travail et à ce moment j’ai besoin de me re-centrer/ tourner vers lui. De concilier de façon fluide pensées et intellect, autant que possible. Je reprends une palette d’autres outils, je peaufine le travail, les formes, je commence à voir ma toile. Je laisse à nouveau place au temps. Et quand j’y reviens je travaille les détails. Qui sont différents suivant les séries. Ma démarche artistique est donc fondée sur un lien puissant avec le temps, une prédominance pour les couleurs qui s’emparent de mes toiles, et une force de l’émotion à qui je laisse place dans le processus de création.

“La couleur est plus forte que le langage.” Marie-laure Bernadac

Les thématiques qui se dessinent dans ma pratique artistique viennent en second temps ou simultanément. D’abord parce que ma technique principale est la peinture intuitive donc les idées viennent ensuite.
Mes intérêts les plus forts vont vers : Les bouleversements climatiques via un fort intérêt pour le végétal, l’eau et la
Botanique et La symbolique autour du féminin, de la femme, du féminisme. Parce que mon travail n’est pas coupé de qui je suis. Je vis en pleine campagne depuis des années par choix, mais j’ai une culture urbaine. Je ne veux ni ne peux ignorer les liens Humains / Nature. Je n’arrive pas à me défendre de l’émerveillement procuré par la nature. Je suis une femme.

Article publié le 31 décembre 2019.

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