De multiples créativités

Exposition du 5 au 12 novembre 2019

Vernissage de l’expo le mardi 5 novembre, à partir de 18h30, à la Maison du Citoyen.

Art&Cie et les Ateliers Poisson-Chat

Les associations vous proposent une exposition des artistes qui participent à leurs ateliers créatifs.

Les artistes :
Léonard (6 ans) Sybille (7 ans) Clara (7 ans) Farah (8 ans) Étienne (9 ans) Côme (10 ans) Noé (10 ans) Ysé (10 ans) Bérénice (11 ans) Ninon (11 ans) Lilas (11 ans) Marion (11 ans) Théo (11 ans) Paul (12 ans) Gaëlle B. José D. Fabio M. Solène L.B. Madysson N. Cécile M. Anne-Sophie C. Catherine L. Laurence M.C.

Les œuvres exposées :
À la découverte du monde marin
Artistes de 6 à 12 ans
Où l’on mesure à quel point la nature est créative !
Pas besoin d’inventer, toutes les formes, toutes les couleurs, toutes les tailles existent dans les profondeurs sous-marines, il suffit de choisir celui qui nous inspire le plus et c’est parti. D’abord en papier découpé pour se faire la main et l’œil, puis on se lance en volume.

Technique : papier mâché, peinture acrylique.

Les Alebrijès, art populaire venu du Mexique
Artistes de 10 à 12 ans et aussi des adultes
Pénétrer dans l’univers fantastique de l’artiste mexicain Pedro Lineas Lopez,
c’est découvrir un monde riche en couleurs et en matière où toutes les folies artistiques sont permises, où chacun peut trouver son expression propre à partir d’un thème commun en puisant dans son monde intérieur. Nous réalisons un avant-projet en papier découpé qui nous servira de modèle pour notre seconde exploration en papier mâché.
Et si nous plongions dans la couleur, faisant ainsi le voyage à l’envers; de la couleur nous arrivons à la forme, sans crayon, en dessinant avec nos ciseaux directement afin de faire naître notre créature extraordinaire. Laissons-nous porter par notre imagination.

Technique : papier mâché, peinture acrylique.

Les portraits d’animaux en clair/obscur
Artistes de 10 à 12 ans et aussi des adultes
C’est uniquement par le dessin de la lumière que se révèle la singularité de l’animal, son pelage, sa peau, le mystère de son regard.

Technique : crayon blanc sur papier noir.

Un trophée pour de faux
Artistes de 6 à 10 ans et aussi des adultes
Ce ne sont pas des trophées de chasse car nous aimons trop les animaux. Ce sont plutôt des têtes de nos animaux préférés qui sortent du mur de notre chambre pour nous surprendre dans nos rêves…

Technique : papier mâché, peinture acrylique.

Inspiration soleil levant
Artistes de 10 à 12 ans
Réalisation d’éventails en gravure bicolore, travail graphique.

Technique : gravure sur plaque de polystyrène expansé.

Li Yang Boreux

Je n’ai pas choisi d’être artiste, c’est plutôt l’art qui m’a choisi. Je n’ai pas eu le choix, j’ai même essayé d’abandonner cette vocation, mais je n’ai pu me résoudre à faire autre chose. Je n’ai pas pu échapper à mon propre cœur.
Je suis née dans la région rurale de l’Anhui, au nord du fleuve Yangzi, à la fin des années 80. À cette époque où manger et avoir des vêtements décents était encore difficile, personne ne se souciait d’art et de littérature. Heureusement, mon grand-père était un professeur de chinois qui, passionné par l’art littéraire, me permit alors que j’avais huit ans, de me plonger dans la lecture. Je lisais alors sans les connaître des œuvres telles que « Autant en emporte le vent », « Notre Dame de Paris », « La Dame aux Camélias » dans sa salle d’étude. C’est bien plus tard que j’ai appris l’importance de ces œuvres. Aujourd’hui encore, je garde un souvenir très clair du portrait de jeune fille « étrangère » qui illustrait la couverture de « La Dame aux Camélias ».
J’ai rencontré la peinture et le dessin chinois à l’âge de dix ans et soudain j’ai su ce que je voulais faire de ma vie. J’ai alors demandé à mon père de pouvoir apprendre le dessin mais il à sévèrement rejeté cela. Pour un médecin de campagne, les artistes sont des voyous et il n’y a rien de plus stable que d’être enseignant. J’essaye donc de fuir ma maison mais, bien sûr, c’est un échec. À partir de ce moment-là, je me suis mise de moi même à apprendre en secret les rudiments du dessin. Je dérobais alors de la monnaie à mes parents pour me procurer couleurs, pinceaux, crayons… C’est beaucoup plus tard que j’appris que mon père en était conscient tout en me laissant faire.
À l’âge de 20 ans, partie à Hangzhou, ville des beaux-arts, je découvris les albums des peintures de Picasso, Van Gogh, Monet, Gauguin, Miro, Klee, Chagall … Je fus profondément attiré par eux et j’ai commencé à étudier la peinture à l’huile. La pièce de 12 mètres carrés où je vis alors, sert aussi bien de chambre à coucher que d’atelier. La vie est simple, mais heureuse. Je peins et écris la nuit, je dors la journée. C’est à 23 ans, que j’ai pu venir à Paris pour la première fois. C’est alors que les œuvres vues en papier sont apparues à mes yeux. J’étais comme une abeille tombée dans un pot de miel.
Que ce soit en Chine ou en France, je dois souvent répondre à une question: êtes-vous une peintre professionnelle? Je ne sais pas comment répondre. Si le critère de norme est de savoir si l’artiste est diplômé d’une université des arts, ce n’est évidemment pas mon cas.
Ceci est ma troisième exposition et c’est la première en France. Le nom que je lui ai donné est « Chemin ». Une grande partie de mon inspiration me vient de moments passés sur des sentiers forestiers. En même temps, ce titre est pris d’un de mes poèmes que j’ai eu la chance de voir sélectionné pour le festival sino-français « Le Printemps des Poètes ». Je veux vous le livrer ici, car il illustre bien, me semble-t-il, mon thème artistique. Toute une vie, chacun peut être à la recherche du chemin vers soi. Voici le mien.

Je voulais rentrer à la maison

Maintes nuits
Je me réveillais à minuit
Saisie par une violente sensation de vide
Comme un corps transparent s’étirant dans l’espace
Aux contours indistincts

Maints visages déchirés
Recousus ensembles
Maints corps emberlificotés
Je voulais rentrer à la maison
Sous l’automne des feuilles mordorées des ginkgo
Je voulais même au prix de ma vie
Trouver un chemin pour rentrer chez moi

Ah le chemin de chez moi
Doit être bordé de petites marguerites jaunes
De pissenlits blancs
Et d’un semis bleu
Les uns et les autres éparpillés sous le clair de lune

Li Yang Boreux
Traduction du poème: Renaud De Spens

Article publié le 29 octobre 2019.

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