Place aux femmes créatives

Expositions du 12 au 23 mars 2019

Vernissage des expos le vendredi 15 mars, à partir de 18h30 à la Maison du Citoyen.

Lore Brinkhoff-Clausse

Traductrice interprète français, anglais, allemand (Sprachen und Dolmetscher Institut München – SDI) et psychologue clinicienne – Atelier d’Art thérapie de l’hôpital Sainte-Anne (Paris).

À la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC), ayant des difficultés pour parler et écrire, j’ai développé une activité artistique en participant à des ateliers.

La sculpture, puis la gravure et enfin la peinture m’apportent beaucoup de sérénité et me permettent de m’exprimer à travers l’interprétation personnelle que je donne à mes figures.

“La sérénité des paysages, la solitude des lieux, le silence des étendues, incitent à la rêverie. Une rêverie introspective, loin du tumulte et de ses tracas. Lore Brinkhoff-Clausse a besoin de ces/ses images pour se ressourcer. Elle nous y amène pour une balade tout en douceur.”

Élisabeth Bonvalot, sculpteur

“C’est avec affirmation et grande détermination que Lore Brinkhoff-Clausse s’engage dans chacune de ses réalisations. Quel  que soit l’aventure qui se propose (gravure, peinture, sculpture) elle expérimente, se concentre et se délecte avec la même joie et toujours avec humour. Son travail reflète cette douce et foisonnante énergie créative.”

Dominique Gais, artiste peintre

Marie-Thérèse Tsalapatanis

Êtres d’argile ou de bronze au hiératisme féminin et parfois érotique, chats sauvages aux longs yeux – presque asiatiques -qu’il s’agit de dompter de nos caresses : le travail de Marie-Thérèse Tsalapatanis ne peut pas laisser indifférent. Face à ces parcelles de délicatesse en mouvement, en mouvance, en attente, le public est interrogé sur ses plus primitifs instincts, on ressent les vibrations d’un retour à la Mère Terre, à la génitrice de tout un peuple, de toute une humanité. De ce prosaïsme du quotidien, de cette gestuelle mêlant labeur et infinie pureté, naît une œuvre puissante, sincère et pleinement vivante qui fait de Marie-Thérèse une Artiste, un être à part mais aussi pleinement conscient de l’autre. Cette pleine conscience, que l’on pourrait aisément qualifier d’éthique dans l’œuvre de Tsalapatanis – et qui fait de la Sculpture un objet d’âme – joue d’un contraste entre eros et thanatos. Ces femmes, aux rondeurs mirifiques, à la souveraine sensualité, sont de réels miroirs de nos âmes de simples mortels : elles nous surpassent, nous survivent, nous interrogent dans une maïeutique ancestrale.

La survivance instinctive de ces œuvres d’art dotées de sentiments, se mêle à une profonde réflexion sur la place de l’être ici-bas. Quêter l’équilibre, l’harmonie, le “vivre ensemble”, peut-être est-ce là le secret de la genèse de l’œuvre sculpturale de Marie-Thérèse Tsalapatanis. Les visages émaciés (mais qui ne figurent jamais la déréliction mais bel et bien la “communauté”) ou au contraire d’une rondeur toute maternelle, ne sont pas les seuls à exprimer l’indicible. Ainsi les corps prennent rapidement le relais, sans ostentation aucune, le mouvement saisi à son acmé, est alors figé à jamais dans la matière. Les carnations de lumière, d’ocre ou de bronze revendiquent la main de la sculptrice, la corporéité sensuelle et féminine du mouvement. Ainsi point d’Eve à la pomme, ou de féminité famélique sacrifiée sur l’autel de la Misogynie. Tout au contraire, la sculpture de Tsalapatanis joue d’une opulence presque exotique – plus assurément atemporel – qui fait de l’acte de sculpter, une nécessité revendiquée et presque militante, hommage aux gens de peu, aux clowneries d’un Monde en représentation, dont on tente de sublimer les excès. De cela naît une Magie savante, presque circéenne. Pourtant, les sculptures de Marie-Thérèse Tsalapatanis, ne sont pas ancrées dans la monstration ou le décorum, mais reprennent l’essentiel, explorent le vide pour en exprimer les pleins, esquissent l’abondance pour suggérer les désirs féminins des alcôves.

Amaury Pontvianne (juillet 2014)

Essence du nu 

Entrer dans l’univers de Marie-Thérèse Tsalapatanis c’est faire un retour aux sources de la sculpture : des formes muettes, sinueuses, enroulées sur elles-mêmes vous regardent de leur regard noyé, et leurs têtes dressées semblent émerger de quelque rêve intérieur à une réalité encore imprécise et angoissante. La plupart sont des nus, “car le nu nous dit l’artiste, est éternel”. Il transcende la forme. Le silence s’impose. On assiste peut-être à une sorte de génèse, de naissance avant que les corps ne se déroulent pour prendre possession de l’espace.

D’après un texte de Lauriane d’Este, historienne d’art et professeur à l’Université de Paris X Nanterre.

Salima Elkebir-Broquin

Ma peinture, art abstrait ou art brut selon les courants… Cela m’est un peu égal pour être honnête, je peins, c’est tout. Ma peinture est essentiellement abstraite donc, pour moi, l’abstraction rejoins l’instinct, la spontanéité, avec de la peinture acrylique essentiellement, l’usage du rouleau étant devenu plus fréquent aujourd’hui qu’auparavant (couteau à enduit ou gros pinceaux) pour travailler sur la notion de surface et d’usage de l’espace.

J’ai débuté la peinture avec des crayons de pastels, en reproduisant des natures mortes. Puis, toujours au pastel, j’ai composé dans l’abstraction, avec une légère ressemblance avec l’artiste nommé Atlan. Ma rencontre avec l’acrylique se fit plus tard mais de façon très spontanée. Depuis, je ne cesse de peindre avec de la peinture acrylique et des bombes or et argent.

La notion d’amplitude proposée dans le cadre de cette exposition correspond assez bien à ma façon aussi de voir ma peinture. Amplitude évoque pour moi la notion d’étendue, de place, de vide parfois, de grand, une certaine notion de liberté.

D’un point de vue biographique, j’ai de nombreuses expositions à mon actif, à Paris et en Seine-et-Marne, aussi dans différents lieux associatifs.

Dans la commune de Moret-sur-Loing, accompagnée par mon maître et ami François Lauvin (1927-2014), aujourd’hui toujours présent, j’ai souvent présenté mon travail et je dois dire que Maître Lauvin m’apportait beaucoup ; je souhaite lui rendre un hommage chaleureux, car grâce à lui, j’ai eu la chance de trouver ma voie, la peinture m’a sauvé de la détresse et m’a permis d’oeuvrer tout en essayant de me faire un peu connaître dans la région. Depuis son départ et en sa mémoire, je continue de peindre sans renoncer.

En tant qu’artiste, je traverse des moments de doutes existentiels quant à la valeur de ce que je produis. Finalement, c’est le plaisir de l’action de peindre qui compte. Mais l’opportunité de pouvoir présenter son travail est toujours plaisant.

Laurence Bessas-Joyeux

Pour moi, la sculpture est cheminement, une perpétuelle recherche d’un devenir en mouvement. J’ai choisi de travailler les matières primordiales que sont la pierre et le bois, car ces matériaux portent déjà en eux cette évolution.

La sculpture, comme la vie est une histoire de déplacement à travers le temps, de trajectoire dans laquelle, on laisse son empreinte. La transformation que j’ose donner à ces matériaux déjà œuvres de la nature va dans leur sens intrinsèque.

Nous sommes chacun sculpture vivante. À chaque instant, nous trouons l’espace de notre propre corps. Sculpter c’est projeter dans l’espace son moi qui est mémoire collective et universelle. Sculpter c’est comme vivre, c’est contracter le temps à chaque respiration.

Nous sommes nous-mêmes transformation de la matière, à travers le temps et ses cycles perpétuellement renouvelés. Je cherche par le travail de la pierre et du bois à donner forme à l’éphémère, à participer au flux d’énergie, de la circulation du vivant, de l’eau, de l’air.

Article publié le 4 mars 2019.

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