Vagabondage et méditation

Expositions du 5 au 13 novembre 2018

Vernissage des expos le mardi 6 novembre, à partir de 18h30, à la Maison du Citoyen.

Isabelle Decamps

À travers cette exposition je voudrais simplement regarder avec vous ces paysages que j’ai imaginés afin de faire naître ce sentiment profond d’appartenir à un monde plus vaste. Ce serait un peu comme un voyage dans des endroits jamais traversés et peut-être l’occasion de s’unir à cette Nature dont on parle tant actuellement.

En tant qu’artiste je pense qu’il faudra resserrer le lien qui nous unit à elle si nous voulons la protéger et qu’elle continue à le faire. En la prenant pour unique sujet de mon travail j’espère participer à traduire sa beauté et nous inviter ainsi à la respecter.

“Le vieux chef indien Lakota était un sage, il savait que le cœur de l’homme éloigné de la Nature devient dur. Il savait que l’oubli du respect dû à ce qui pousse et à ce qui vit amène également à ne plus respecter l’homme.”

 

Peindre la nature du monde : une médiation

“Parallèlement à mes études artistiques, je me suis passionnée pour la Chine et j’ai suivi des études à l’Institut des langues et civilisations orientales. Mon travail artistique au fil des années s’est modifié jusqu’à ce que je ne m’impose plus de sujet, ce qui n’était pas la voie la plus facile.

Je suis rentrée dans la toile comme en méditation. J’ai dû abandonner mes habitudes et découvert une respiration, une liberté nouvelle. Mon univers pictural s’est transformé.

Depuis une vingtaine d’années maintenant des formes minérales, végétales, empruntées à la Terre et au Ciel ont remplacé une abstraction formelle. Les paysages ont surgi, comme une réminiscence de contrées déjà traversées. Je peins le jaillissement de la vie, l’eau, le ciel, les montagnes et parfois dans mes paysages s’installent quelques marcheurs en quête de vérité. Mon approche de la peinture s’accorde à ma compréhension du monde, à ma spiritualité et participe à mon engagement pour le respect de la Nature.”

Propos recueillis par Rose-Marie Stolberg, historienne d’art

Frédéric Barrau

Dans cette exposition la peinture s’inscrit dans un projet récurrent : la création d’une matière première pour l’imagination du spectateur. Elle est propice au vagabondage visuel. Les toiles souvent circulaires, abolissent la notion de haut et de bas, la répétition, les distorsions, le foisonnement des formes invitent à une transe du regard.

Ces répétitions ont pour point de départ la peinture minutieuse d’un objet banal choisit pour ses reflets, ses transparences dont la figuration réitérée sature tout l’espace de la toile ou l’utilisation d’une trame.

L’importance accordée à la couleur, à sa quête, se traduit par l’abandon peu à peu des pigments disponibles dans le commerce au profit d’une recherche chromatique centrée sur les infimes variations des bruns, des ocres et des orangés obtenus par des moyens rudimentaires : les traces de combustions sur la toile.

Article publié le 31 octobre 2018.

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