Démocratie et populismes

Prochain rendez-vous de l’Univ’pop

Partout dans le monde, sous des formes diverses et contradictoires, la figure du peuple est opposée aux gouvernements, à la classe politique, aux élites, aux institutions… on parle facilement de “populisme”, en dénonçant une contestation démagogique des “règles démocratiques”.

Où se trouve alors la véritable légitimité  populaire ? Qui est le “peuple” et quelles sont ses valeurs et ses intérêts ? Quelles institutions permettent l’expression politique du peuple de la démocratie ?

Conférence-débat avec Jean-Matthias Fleury, Philosophe

En réponse à l’évolution oligarchique des politiques néo-libérales menées à travers le monde, les appels au peuple se sont multipliés un peu partout ces dernières années. Sous des formes très différentes et souvent contradictoires, la figure du peuple est ainsi opposée régulièrement au gouvernement, à la classe politique, aux élites, aux institutions relayant la gestion du capitalisme mondialisé (Union Européenne, FMI, Troïkas…), etc…

Les éditorialistes qui défendent le mythe de la mondialisation heureuse appellent cela du “populisme”. Ils s’inquiètent de ce que ces mouvements contestent les représentants (de moins en moins élus) des citoyens, et remettent en question les règles et acteurs du débat public démocratique. Ils soulignent la démagogie inquiétante de certains de ces mouvements et de leurs leaders. Ils les suspectent “d’extrémisme”. Face à eux, les opposants aux oligarchies en place reprennent souvent crânement le terme de populisme à leur compte pour souligner leur légitimité populaire. Ils ne sont pas les seuls. Parfois, le rejet “populiste” de la classe politique au pouvoir permet de faire tomber les dictateurs mais parfois, il permet aussi de devenir Président comme aux États-Unis d’Amérique ou en France.

La notion de “populisme” est ambiguë. Elle est liée à une crise de la représentation du peuple, de la diversité des intérêts et des valeurs qui lui est inhérente. Elle invite à réfléchir sur les institutions permettant l’expression politique du peuple de la démocratie.

Bibliographie sommaire

Construire un peuple, pour une radicalisation de la démocratie, de Chantal Mouffe et Íñigo Errejón. Éditions du cerf, 2017.

Radicaliser la démocratie, propositions pour une refondation, Dominique Rousseau. Éditions du Seuil, 2015.

L’âge de la régression, sous la direction de H. Geiselberger. Éditions Premier Parallèle, 2017.

Article publié le 3 janvier 2018.

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