Parole citoyenne

Noël pour tous

Nous allons presque tous, en tout cas très majoritairement, fêter Noël et nul n’échappera aux démonstrations de toutes natures qui entourent ce moment de l’année. Certains d’entre nous vivront cette fête à travers les rites de la religion chrétienne. D’autres s’y associeront par amitié ou parce que cet anniversaire de la naissance de Jésus est devenu pour tous une occasion de se réjouir en famille. D’autres célébrations d’origine religieuse rythment nos années. Pâques est un héritage de l’histoire juive. Le mois de Ramadan ajoute aux rayons de nos supermarchés des pâtisseries orientales dont beaucoup de non-musulmans profitent avec gourmandise et l’effort de ceux d’entre nous qui pratiquent le jeûne devient d’année en année le sujet de conversations amicales entre les jeûneurs et les autres.

Faut-il s’inquiéter de ces “signes extérieurs de religion” au nom de la laïcité  républicaine ? Sans doute pas. Ce serait confier à la laïcité une mission impossible, celle de réviser notre histoire, nos histoires. Ces histoires ont ponctué de clochers le paysage de nos campagnes. Elles ont abondamment inscrit le prénom de Mohamed dans nos registres d’état-civil du fait de la révérence de millions de familles pour le prophète de l’Islam. Elles ancrent dans l’esprit de la plupart d’entre nous, enfants du rationalisme des Lumières, une puissante réticence à l’uniformité des consciences. Elles ont fait de notre pays un quelques endroits au monde où la libre-pensée et l’athéisme s’expriment tranquillement, fraternellement, à côté des convictions religieuses.

La fraternité justement, la fraternité républicaine… Elle est sans doute une des clefs de notre capacité à partager en citoyens respectueux de la laïcité des symboles nés de sources si diverses. Partage de la joie de Noël ou de l’effort de ramadan, du 14 juillet républicain et de l’école laïque, des croix dressées à nos carrefours et du drapeau rouge des insurrections populaires. Partage sans alignement des uns sur les autres. Laïcité non de la censure, mais du partage.

Bonne fêtes de fin d’année à tous.

Article publié le 29 novembre 2017.

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