Escapade dans sept univers picturaux

Expositions du 12 au 23 décembre 2017

Vernissage des expos le mardi 12 décembre, à partir de 18h30 à la Maison du Citoyen.

Rita Benamram

“Ma peinture trouve son inspiration dans les  tourments de notre société contemporaine : manifestation de soutien aux victimes et aux familles des attentats à Charlie et à l’Hypercasher, expulsion des migrants de Calais, résistance à Notre-Dame des Landes. 

Mais je les vois avec les yeux avides de lumière d’une fille du sud :  Ses couleurs, vives, chatoyantes,  virevoltent pour dire à la grisaille “va-t-en” ! 

La matière me  transporte dans un ailleurs qui met tous les voyages du rêve à ma portée. Elle amène souvent devant une petite cabane qui ne demande qu’à s’ouvrir, pour révéler ses secrets à ceux qui sont assez curieux et téméraires pour frapper à sa porte.”

Florent Romagoux

Mon travail consiste en une série thématique de toiles à travers lesquelles la nature et le paysage, acteurs principaux, prennent une dimension particulière. L’individu, souvent représenté, est un spectateur impuissant, contemplatif, ou subissant son environnement. Mon inspiration trouve son origine à travers mes voyages, mes photos, ou des séquences cinématographiques.

Marie Waroux

“À travers mes tableaux, je souhaite emmener le spectateur dans un univers lumineux, contrasté, dans lequel des personnages en mouvement font écho à leur sensibilité et à leur imaginaire.

Je travaille le collage pour un rendu plissé et irisé et destructuré. Par-dessus, je peints à la peinture acrylique avec des outils variés : pinceaux, couteaux, papier bulle, éponges…

Le trait est vif, la forme imprécise volontairement et les couleurs variées.

Pour cette série, j’ai travaillé d’après des photos de vacances au bord de la mer.

J’aimerais faire percevoir une impression dans laquelle chacun peut retrouver quelque chose qu’il connait déjà.”

Olivier James

Participant depuis quelques années déjà à l’École d’art plastique de Fontenay-sous-Bois, j’y ai redécouvert l’amour des couleurs et le détachement qu’on doit apporter au geste afin d’être guidé par l’instinct créatif que nous avons au fond de nous. 

Nous vivons dans une civilisation liée à la consommation effrénée d’images ; elle entraîne la création et la destruction d’images (imprimées). J’ai choisi d’effectuer ma peinture sur les affiches et journaux voués à la destruction et par le biais de la peinture ou du collage, de leur donner une nouvelle naissance. 

Les moments de créations sont toujours pour moi des instants de libération et surtout d’échanges dans l’Atelier d’Art Plastique. 

Je dois saluer nos professeurs : Dominique, Laurie et Cornelia (pour qui c’est la dernière année) qui m’ont permis d’évoluer et de retrouver les chemins de la “ré-création”.

France Carminati

“Je crois que la création et l’art sont, avant tout, le lieu où vivre l’émotion, qui s’expriment de mille manières chez celui qui crée et fait écho chez celui qui regarde, écoute, ressent.

Sidération, admiration, effroi, réflexion, bien-être, trouble, toute oeuvre qui suscite une réaction forte est digne d’intérêt.

Le théâtre, la musique, la danse, la sculpture, le street art, les installations ou les performances, toutes les formes d’expressions artistiques m’intéressent et m’émeuvent .

Pour ma part c’est avec la peinture que je tente de m’exprimer.
Mes inspirations sont diverses, de même que les techniques variées que j’aime découvrir et explorer.

J’ai choisi d’exposer des portraits  car ils sont une forme de captation de l’âme… toujours essayée et toujours ratée … 

L’effort pour réaliser un portrait est inépuisable.

Ressemblance, cohérence, évocation…

Mes tableaux sont le reflet de ces  tentatives.”

Stefano Zago

“Hic & Nunc” (Here and Now)

Les œuvres présentées ici sont des “reproductions mécanisées” de mes œuvres originales. J’ai fait ce choix, parce que je viens lire  “L’œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée” de Walter Benjamin. Benjamin y explique que l’œuvre reproduite se caractérise par “la perte de l’aura”, c’est à dire la perte de son unicité et son authenticité. L’œuvre est unique et authentique parce qu’elle a été créée dans un espace et à un moment précis : “Ici et maintenant”. Du fait d’être l’expression d’un moment unique et irrépétable dérive l’aspect sacrée de l’œuvre d’art. Cette sacralité due à l’unicité spatio-temporelle disparaît donc lorsqu’on reproduit l’œuvre. 

Je présente des copies de mes œuvres parce que ce que je recherche c’est exactement une expérience dé-sacralisée de l’art. Un art “laïque” et démocratique qui soit surtout reproductible et communicable. Un art désormais dépourvu de son caractère unique et sacré, qui se prête si bien à la marchandisation. Un art à prendre et à utiliser pour communiquer et pour jouer.

Cette séquence d’œuvres représente le travail fait en plusieurs années à l’atelier d’arts plastiques de Fontenay-sous-bois. C’est donc avec toute mon amitié que je dédicace cette exposition aux trois enseignants de l’atelier : Laurie Karp, Dominique Pallier et Cornelia Vogel. Merci de tout mon coeur. Un salut très amical à tous les amis de l’atelier, copains de voyage artistique.

Jeanne Robert

Pour moi, le dessin ou la peinture c’est avant tout l’émotion que va produire l’œuvre face au spectateur, et la lumière qui va révéler les formes. J’ai choisi de vous montrer des nus, car c’est ainsi que chaque artiste en devenir apprend à dessiner, ou plutôt, apprend à regarder.

En faisant le tri dans mes cartons à dessin pour l’exposition à venir, j’ai retrouvé des dessins et en particulier une photo de moi en train de dessiner qui avait été prise à l’école d’arts plastiques de Fontenay-Sous-Bois le mercredi 7 janvier 2015, le jour de l’attentat à Chalie Hebdo à Paris. Le souvenir de cette journée a été si fort, que je ne peux résister à vous la raconter.

Comme tous les mercredis, nous nous sommes retrouvés à l’atelier. Nous étions tous complètement bouleversés, sidérés par ce qui s’était passé, dans une profonde tristesse. Un modèle était quand même venu poser pour nous pour une séance de nus. Nous avons dessiné cette magnifique femme nue d’une cinquantaine d’années, d’une beauté naturelle et pure, à l’intimité dévoilée, face à nous, pauvres artistes amateurs devant nos pages blanches.

Comme à chaque nouvelle rencontre avec un nouveau modèle, il faut le temps de s’apprivoiser, d’échauffer nos poignets et encore plus ce soir-là. Je me souviens que des larmes coulaient sur mon visage, et que je me cachais derrière mes dessins posés sur mon chevalet. J’entrouvrais les yeux, pour ne voir que l’essentiel, la lumière qui éclaire ce corps plein de rondeurs, de courbes, et de zones d’ombres. À chaque nouvelle pose du modèle, une nouvelle lumière, une nouvelle construction. L’émotion était palpable en chacun de nous, qui essayons de nous concentrer sur nos dessins, et en même temps pensions aux dessinateurs et journalistes assassinés, à nos proches, à l’avenir de ce monde, à la liberté d’expression…

Des messages arrivaient sur nos téléphones de personnes qu’on aime, pour prendre des nouvelles, se rassurer. Ce soir là, encore plus que tous les autres soirs, ensemble, avec notre modèle, notre professeur de peinture Dominique et tous les élèves et amis, nous avons exprimé nos émotions sur le papier, et passé une soirée incroyable que je n’oublierai jamais.

Article publié le 29 novembre 2017.

Share This Post On