Burgart & Marquis

Artcité lauréats 2016

Exposition du 13 juin au 1er juillet 2017

Vernissage des expos le mardi 13 juin, à partir de 18h30 à la Maison du Citoyen.

L’association Artcité vous présente les lauréats de l’édition 2016 : Danielle Burgart et Frédéric Marquis

“Tout d’abord, il y a le travail avec le modèle. Le modèle pose, fige une attitude, pour peu de temps… me mettant dans l’urgence de saisir l’instant, de ne pas laisser échapper ce sentiment fugace d’appartenir à une même humanité. Depuis peu, une tête de rapace s’est posée comme par oubli sur le corps de l’homme. Est-ce pour nous rappeler ces temps immémoriaux où le sacré mêlait les êtres, les rendant identiques au même destin ? Intégrer l’imaginaire dans la réalité c’est lui donner la possibilité d’être. J’aimerais dire : “Voilà l’humanité qui n’existe pas et pourtant on l’a aimé”. C’est à travers ce prisme que je peux construire ma narration que je veux résolument contemporaine, utilisant l’allégorie pour interroger l’humanité, apportant la violence de la couleur en résonance à celle du monde.

Souvent les sculptures sont habitées. Les sculptures de bois sûrement plus encore que les autres. Des larves, selon leur taille les taraudent de veines ou d’artères. Des araignées les habillent du nez aux genoux, pour courir sur des fils empoussiérés. Le bois dit-on travaille. Même mort il bouge encore. Il s’ouvre de fentes inquiétantes, qui laisse entrevoir ses entrailles. Travaillé par le sculpteur, il reste vivant. Cette espérance me fait tailler ou modeler la matière inerte pour dévoiler une vie plus vibrante, des mouvements plus expressifs, une présence plus intense. Le sculpteur dit-on travaille. Même rêvassant, croit-on, il s’active encore. Il se penche sur des visions inquiétantes, des boiteux, des suppliciés, des danseurs assassins. Il sourit à des femmes qui se retournent et l’invitent. Il s’ouvre à lui même et laisse entrevoir ses pensées. Travaillé par le bois, je reste vivant.“

Article publié le 31 mai 2017.

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