Le virtuel mis en mots – épisode 3

Pour inaugurer la naissance du journal en ligne de la Maison du Citoyen :  BàO webZine. La Maison du Citoyen et le Café Poésie vous ont proposé de mettre en ligne les poèmes des participants au Café-Poésie. La thématique pour cet évènement était : le virtuel.

Nous dévoilons ici trois autres textes avec leurs illustrations visuelles et/ou sonores parmi les nombreuses créations qui nous sont parvenues. Nous dévoilerons d’autres envois au fil des prochaines publications de la Boîte à Outils webZine.

Bonne écoute, bonne lecture, bon coup d’œil… et rejoignez le Café-Poésie qui accueille depuis 2002 les poètes et artistes autour de la poésie…

 

VIRTUELLE

Dans les sentiers fleuris
Sur la route déserte
Et dans l’ombre d’un rêve
Elle se berce du vent.

 

Elle est pourtant virtuelle
Et sourit au monde actuel
Qui lui donne la raison
De son existence dans la maison.

 

Seule, sur un bureau froid
Elle a les traces des doigts
De son propriétaire qui aime tant
La regarder même dans le noir amant.

 

Puis, d’un geste anodin
Elle s’allume enfin.
La chaleur lui brûle son intérieur
Elle sait qu’elle va lui donner l’heure.

 

Alors elle éclaire la solitude
De cet être qui par habitude
Joue avec sa virtuelle
Comme un violoncelle.

 

Quelques grammes de matières
Pour être à l’autre bout de l’univers
Pour partager un instant le plaisir
De voir l’homme sourire.

 

De cet amour virtuel
Naîtra tant de descendants
Qui auront encore plus de touches, de couleurs
Pour des instants de bonheurs.

 

Dominique Le Godec

Site de Dominique Le Godec

Je suis informatique

Je suis informatique

Je suis bureautique

Je suis impalpable

Je suis un codage

Je suis un lien

Je suis un moyen

Je suis un mode de communication.

Cécile Hors

Un gribouillis de voiles

Taches ou brouillard
aux possibilités infinies,
tout, ici, tend à être,
deviendra,
aura été discrète révélation
lors d’un instant,
fugacité d’une pensée,
puissance du vrai
d’autant plus manifeste qu’il est rare,
tout existera, tout survient,

 

entre autres, l’amour virtuel
qui guette le quidam, de facto,
agit toute saison,
se rendra disponible, il est dans l’air,
insaisissables spores, présence infusante,
– arrivera-t-on encore
à se toucher physiquement ?!
– peut-être bien que “oui”,
peut-être bien que “non”
– ah, bon !

 

Et la terre caramel se fait, elle aussi,
digérer !
la fonte générale continue,
excite les chasseurs de mirage,
préleveurs d’images,
fossoyeurs intermittents
eux-mêmes absorbés
par l’indomptable brume,
de celle qui, pour élever les âmes
au rang d’un “sans domicile fixe”,
requiert l’usage de tous nos muscles,
l’intuition va se mettre à l’aise,
se désaper… – ah ouais !

 

– “Mais que fais-tu là,
avec tes rêveries qui te pèsent
comme des sacoches
éclaboussées de grébiche !”
m’oppose de suite
ma petite voix intérieure…
– “quel rinçage salutaire !”
faudrait-il plutôt se dire !

 

Et face à ce plaidoyer pour la joliesse,
tu ris !
tu oublies tes pitoyables rôles !
séduit par cette résolution neuve,
tu agis pour la sauvegarde des secrets,
ces petites vagues d’espoir
qui rafraîchiront
tes pieds tout croûtés,

 

ou quand patine et gonflage
opèrent en même temps,
nous visitent,
nous remettent au stade
des cendres brûlantes.

 

Hommes nouveaux dans l’aiguail,
faire valoir de paysages
rongés par la musique de l’hésitation,
nous finirons néanmoins par être ordonnés
“grands aimables”
dont la résonance se fera nébuleuse,
apparaîtra ensuite quantité de flaches
comme cette mèche de cheveux
dont la couleur, parce qu’étrange,
se mutera en perroquet qui s’envole,
avec pour seule destinée
de consoler un cœur raturé.

 

Ainsi, dans cette confiture de lait
que resserre le doux feu de la bonté,
nous rallierons à notre insu,
à corps perdants,
la sainte mousse d’un sommeil
égalitaire, rassérénant.

 

Pure expédition,
varechs aux poumons,
l’invisible vaisseau qui nous hante,
quadrillera enfin, sans retenue,
l’utérus du monde,
notre soif de créativité
y accomplissant sa plus belle élection,
son unique mandat.

 

Métamorphosés par ces saines irradiations,
par cette harpe envahissante,
impossible dès lors de ne pas siéger ici
emmi la carcasse végétale
qu’étayent nos pleines occurrences,
comme si nous cherchions à nous réveiller
en filandres de cristal,
la beauté pouvant repêcher tout incroyant.

 

L’ardeur est de mise !
et, à chaque déconvenue,
se substituera une tribu de coloris,
telles des campanules émergeantes,
l’incontestable colonie !

 

Par conséquent :
grand bain pour tous
sous ce ciel d’eau claire !

 

avoir les nerfs rengainés
affublerait quiconque d’une toge
menant à “la chouette monumentale”,

 

c’est pourquoi,
parmi tous les procédés,
il n’y a pas meilleur accouchement
pour décoller toute la saveur
qu’on a en soi !

 

Régis Moulu

Site de Régis Moulu

Dans le prochain numéro trois nouveaux poèmes.

Les participants au Café-Poésie de Fontenay se retrouvent  à l’Orangerie, pour des rencontres  au son des mots, dits, dansés, bruités, sonnés, joués, musiqués, performés, volés, envolés… Que l’on soit du vers libre ou du classique, de l’aventure formelle ou de la tradition [qui a du bon], de la gravité [qui plombe] ou de la rime légère, du vers passionné au vers d’un soir le Café-Poésie accueille tous les tempéraments poétiques…

Article publié le 3 novembre 2016.

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