Le virtuel mis en mots – suite

Pour inaugurer la naissance du journal en ligne de la Maison du Citoyen :  BàO webZine. La Maison du Citoyen et le Café Poésie vous ont proposé de mettre en ligne les poèmes des participants au Café-Poésie. La thématique pour cet évènement était : le virtuel.

Nous vous présentons les textes reçus avec leurs illustrations visuelles et/ou sonores … Nous remercions chaleureusement tous les participants pour leur créativité.

Nous dévoilons ici trois textes parmis les nombreuses créations qui nous sont parvenues. Nous dévoilerons d’autres envois au fil des prochaines publications de la Boîte à Outils webZine.

Bonne écoute, bonne lecture, bon coup d’œil… et rejoignez le Café-Poésie qui accueille depuis 2002 les poètes et artistes autour de la poésie…

Les participants au Café-Poésie de Fontenay se retrouvent  à l’Orangerie, pour des rencontres  au son des mots, dits, dansés, bruités, sonnés, joués, musiqués, performés, volés, envolés… Que l’on soit du vers libre ou du classique, de l’aventure formelle ou de la tradition [qui a du bon], de la gravité [qui plombe] ou de la rime légère, du vers passionné au vers d’un soir le Café-Poésie accueille tous les tempéraments poétiques…

Vorticité

 

Voix Patrice Cazelles, son Roberto Robao

Visuel , “L’attrait de l’abstrait”, tableau perforé de Christophe Minous

 

Virtuellement…

Alors,
commencer,
réellement !

Je SUIS !
Vivant,
je te parle.
Enfin :
j’écris, juste.
Et cette parole écrite ne va plus se modifier !

Je suis ce dialogue.
Mais la parole que je formule est réelle !
Plus qu’une pensée,
plus qu’un mouvement.

Que va-t-il se passer quand tu liras cette parole, seul(e) ?
Vas-tu rentrer dans cette parole,
te rapprocher de moi,
de celui que je suis?
Seras-tu?
Tu es.

Et que va-t-il se passer au moment de dire ?
Quel sera le sens ?
Quand j’écris,
je te dis ce que je souhaite entendre !
Quand tu écouteras cette parole
quelque chose de nouveau surgira.
Quelque chose d’inattendu, d’impré-vu !

Imaginons.

Il pleut.
La Terre s’abreuve.
Chant de la Terre.
Sors et marche sans itinéraire précis.
Quand tu seras dans un parc au ciel ouvert,
salue les arbres, les plantes,
tout ce qui vit et ce qui bouge,
chante, danse, ris, crie !
Reviens, ici.

Tout est bien réel.

En toi
je te salue,
frère, sœur,
compagne,
ces mots sont notre trait d’union,
je suis,
tu es.

Rodrigo Ramis, théâtre d’Ailes Ardentes

Virtuel

 Virtuel, en un mot trois personnes :

lui, l’homme au masculin,

toi, le lien,

elle, le féminin singulier.

Hélène Milan, mars 2016

Gare à l’indi-virtualité

“Viens, je t’emmène
Où l’illusion devient réalité”

Viens, je t’emmène
Là où commence l’indi-virtualité

Les amazones ont chassé
La terre sous les pavés
Et sur leur cheval de Troie
Elles poussent des cris de joie.

Les marmitons ont rêvé
De petits plats partagés
Mais les cookies ont brûlé
Leur vraie créativité

Prenant leurs clics et leurs claques
Ils surfent sur les arnaques

Viens et regarde,
Filer la toile où l’on oublie le temps

Viens et regarde,
Même les enfants s’y mettent maintenant

D’avatars en avaries
On trouve toujours des amis
Des blogueurs, des blagueurs,
Un petit goût de bonheur.

Les sourires ultra-brite
Ça forcément, on les like
Et oui tu sais, sur facebook
Y faut avoir le bon look

Les cyber-réputations
C’est fragile, fais attention

Vois, ceux qui aiment,
Les murs de ces nouvelles communautés,

Vois, ceux qui aiment,
Augmenter leur propre réalité

Ils se sont pixélisés,
Pour mieux se googeliser.
Smartphone, tablette ou PC,
Rien ne leur a échappé !

Ils ont peut-être rêvé,
D’un instant d’éternité…
Car le virtuel ensorcelle
Chaq’ jour de nouveaux fidèles.

Tous rivés à leurs écrans
Et courant après le temps.

Vois, si tu veux,
Tout comme eux te laisser embarquer

Vois, si tu peux,
Plutôt le cours de ta vie apprécier

Tout simplement respirer, son parfum

Tout simplement surfer sur, son chemin.

Sandra Skandrani, mars 2016

Article publié le 6 octobre 2016.

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