Le virtuel mis en mots

Pour inaugurer la naissance du journal en ligne de la Maison du Citoyen :  BàO webZine. La Maison du Citoyen et le Café Poésie vous ont proposé de mettre en ligne les poèmes des participants au Café-Poésie. La thématique pour cet évènement était : le virtuel.

Nous vous présentons les textes reçus avec leurs illustrations visuelles et/ou sonores … Nous remercions chaleureusement tous les participants pour leur créativité.

Nous dévoilons ici trois textes parmis les nombreuses créations qui nous sont parvenues. Nous dévoilerons d’autres envois au fil des prochaines publications de la Boîte à Outils webZine.

Bonne écoute, bonne lecture, bon coup d’œil… et rejoignez le Café-Poésie qui accueille depuis 2002 les poètes et artistes autour de la poésie…

Les participants au Café-Poésie de Fontenay se retrouvent  à l’Orangerie, pour des rencontres  au son des mots, dits, dansés, bruités, sonnés, joués, musiqués, performés, volés, envolés… Que l’on soit du vers libre ou du classique, de l’aventure formelle ou de la tradition [qui a du bon], de la gravité [qui plombe] ou de la rime légère, du vers passionné au vers d’un soir le Café-Poésie accueille tous les tempéraments poétiques…

Virtuel ?

 

Vous plaisantez en souhaitant mon avis
Ou vous me donnez votre avis
À savoir que ma vie est virtuelle
Le virtuel étant une chose naturelle
À cette bizarre époque actuelle
Où plus rien n’est personnel

Moi je ne sais pas ce qu’est le virtuel
Et ce monde m’ennuie, un monde irréel
Celle d’un monde strictement fonctionnel
Où vous jetez tout ce qui peut-être rebelle

Alors si ma vie est virtuelle
Je parle de ma vie actuelle
Où se trouve ma vie réelle
Celle du petit titi parisien des ruelles
Celle de ma jeunesse dans le faubourg
Et de tous les passages alentour

Cette vie fut assurément la plus belle
Je reste toujours amoureux d’elle
C’était celle de mes dix ans
Mes plus beaux souvenirs d’antan

Mais à présent, virtuels
Mes amours avec ma belle ?
Ses baisers sont pourtant bien réels
Et ça ce n’est pas du virtuel !

Robert Groumin, 22.03.2016

Entre ma peau et la pluie…

Entre ma peau et la pluie,
Il y a la vitre d’un rêve…
Entre ma peau et la pluie,
Il y a la coquille d’une enfant qui retient ses larmes
Entre ma peau et la pluie,
Il y a un dragon figé par la peur
Entre ma peau et la pluie,
Il y a un baiser que je ne veux pas effacer
Entre ma peau et la pluie,
Il y a un désir de feu,
Il y a la caresse de l’eau…

 

Karine Leroy

karine-leroy.over-blog.com

VIRTUS – VIRTUEL

Ce qui est virtuel est par définition
Une vue de l’esprit ou bien une abstraction.
D’abord, voyons le mot d’origine latine :
Virtus, c’était la force, la vertu transalpine
Et la racine “vir”, l’Homme avec un grand H
Il détient et lui seul ces noms avec panache…
La femme et la vertu ne sont pas compatibles
Surtout si ell’ est petite, là c’est inadmissible…
D’ailleurs, chacun le sait, ce n’est pas aux romains
En matière galante qu’on doit le baisemain.
Après cet aparté sur l’étymologie
Il est temps d’aborder le fond dont il s’agit :
La virtualité, c’est la chose invisible,
Impalpable, irréelle, en dehors du possible,
Pas forcément en rêve, pas forcément faisable,
Même pas vu ailleurs et même pas probable
Mais véritablement, le virtuel explose
Au sein de la famille de ce mot : virtuose.
Dans les alexandrins dont les pieds touchent terre,
Le poète vous prend dans son imaginaire
Et vous fait voyager loin dans son bateau ivre
Pour peu que vous ayez une oreille attentive.
Tel autre, musicien sollicite l’ouïe
Et vous fait lui aussi le tympan réjoui
Quand les notes s’envolent toutes au diapason
Pour vous faire vibrer d’une intense émotion.
Le peintre pour sa part a besoin de vos yeux
Pour que votre regard caress’ d’un air curieux
La toile sur laquelle a léché le pinceau,
Sauf si vous regardez l’œuvre de Picasso :
Un nez dans les talons ou un œil nombrilique
Qu’on a du mal à voir sous un angle lubrique…
Ne cherchez pas du sens aux couleurs en bataille
L’abstraction se délecte d’une telle pagaille.
Le virtuel, c’est bien du domaine des arts,
Véridique, c’est sûr, il n’y a pas de lézard.

Pierre Valax, janvier 2016

Dans le prochain numéro trois nouveaux poèmes.

Article publié le 30 août 2016.

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