Parole citoyenne

Hommage à Jacques Dignac

Jacques Dignac aimait la vie, la vie telle qu’elle se présente, avec ses nouveaux visages, la succession des générations, les situations inattendues, dans les bois la poussée aléatoire des champignons et sur le pavé les vents de révolte contre les injustices. Il aimait la vie et il l’accueillait bien. Cette vertu a beaucoup joué dans la mise en place de la Maison du citoyen. Nommé directeur de l’institution, cet homme aux convictions politiques bien trempées et qu’il ne cachait pas s’était fait un point d’honneur d’ouvrir le plus largement possible les portes et les commodités de cet équipement municipal exceptionnel. À toute créativité, à toute intention de faire société, les portes étaient ouvertes sans mot de passe ni serment d’allégeance. Il y veillait.

Jacques Dignac avait aussi voulu que cette articulation non hiérarchisée entre l’action municipale conduite par des représentants élus et l’action directe des citoyens soit pensée et nommée. Non pas la démocratie représentative au service de la libre intervention de citoyens associés, ni l’inverse. Chacun, sans surplomb de l’un sur l’autre, assurant les fonctions grâce auxquelles une société gère pacifiquement ses envies et ses conflits. Il avait joué un grand rôle dans l’organisation régulière de moments de réflexion et de débat sur la vie sociale. Grâce au foisonnement des actions et à la qualité de la réflexion, la Maison du Citoyen est vite devenue, sous sa vigilante attention, une expérimentation particulièrement riche et démonstrative d’une autre façon de concevoir et mettre en œuvre l’engagement politique citoyen.

Une fois venu l’âge de la retraite, sans aucune envie de s’accrocher à son poste, Jacques était parti de Fontenay l’âme légère à l’idée de s’occuper de son potager et de recevoir les amis de passage dans sa maison de famille de La Baudière. À la Maison du Citoyen, l’homme à la belle crinière blanche passait élégamment la main à une jeune femme, Sophie Bourgoin. Il vient de quitter ce monde qu’il aimait et qui l’aimait.

Sans la tristesse du deuil mais dans le même esprit de tranquille fraternité, notre ville vient de connaître un autre passage de relais. Jean-François Voguet a choisi de quitter ses fonctions et le conseil municipal a élu à sa place un jeune maire dont l’action civique est né de l’engagement associatif. Départ de Jacques Dignac, élection de Jean-Philippe Gautrais, larmes sans larmoiement, transmission fraternelle, vigueur de l’initiative citoyenne : histoires fontenaisiennes…

Jacques Dignac

Article publié le 3 juin 2016.

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