Instants de lumière

Expositions du 15 au 29 décembre 2015

Vernissage des expositions le mercredi 16 décembre, à partir de 18h30, à la Maison du Citoyen.

Emmanuel Braudeau

“Au tout début je signais avec mon nom, puis j’ai signé quelques années avec mon prénom. Depuis peu je signe à nouveau avec mon nom : Braudeau.

Emmanuel Braudeau, 35 ans, artiste peintre.

Je vis de mon travail depuis mes 20 ans. J’expose régulièrement de nouvelles séries, tous les trois mois environ. Ma peinture est un journal de bord de l’être et de sa condition. Je me sers de la paume des mains pour les fonds, et des doigts pour les coulures. Une technique propre au langage du corps/esprit que je laisse danser. J’ai besoin de poésie, de liberté, d’amour, de jazz, de tendresse et d’improvisation. J’ai besoin de les toucher du doigt alors je les peins, je les vis. Des rythmes de traits, de courbes, des instants de lumière, des guérisons, de l’intemporel pur se détachant du segment de la ville. Donc voilà, en décembre j’expose à Fontenay-sous-Bois les peintures d’octobre/novembre, série : “Monasterolia”.
Si vous passez par là…”

Jean Delivré

“Il est évident que le travail de Jean Delivré procède des maîtres du passé : son œuvre est bel et bien pensée préalablement en couches successives, jouant avec la lumière en recherchant apparence et réalité de la fragilité en toutes choses.

Sur un support volontairement léger, il cumule des éléments qui sont de l’ordre de l’impalpable : feuilles d’or qui volètent au moindre souffle, fines lamelles empruntées aux biologistes de laboratoire, glacis de couleur diaphanes, petites perles de verre … La peinture couvre moins le support que les bandes ondulantes posées de champ ou en biais, elle se pose sur les tranches et les revers, les sus et les sous. […] 

Et fuse la question : comment tout cela tient-il ? Quoi tient quoi ? Est-ce là du fixe ou du volatile ? Du solide ou de l’évanescent ? Creux ou plein ? Opaque ou translucide ? A celui qui trouverait ce jeu gratuit, d’aucuns pourraient renvoyer au droit souverain de l’artiste à l’invention, et, plus que tout, à l’envie de créer des œuvres en perpétuel devenir, qui “déplacent les lignes”, toujours à la recherche de la beauté. Car l’artiste ménage plus d’une surprise au regardeur, en ce qu’il ne lui offre pas une lecture unique et immédiate. […]

Néanmoins, toute surprise est voulue, tout accident provoqué. Le feu demeure fixé, maintenu derrière la ligne jaune, au centre du cercle. Magenta, des carrés suggèrent, étage par étage, une ascension inexorable ; des constellations s’interpénètrent, ensemble et sous-ensembles, à l’infini ; un trait rouge s’élance, régulier, impeccable, comme dans la “suite de Fibonacci”. Le cadre est net, mais ne demande qu’à être excédé. A lui seul l’or intrigue. Oubliée sa fonction ostentatoire et sacrée : Jean Delivré ne convoque pas l’or pour sa richesse, mais pour son éclat et son inaltérabilité, dans un projet d’irradiation permanente des formes. Partout ailleurs la feuille d’or recouvre un support, chez Jean Delivré elle ne recouvre pas, elle produit au contraire des saillies, des éclatements aléatoires qui sont autant d’accidents. En même temps, tout ce qui brille n’est pas d’or. L’incandescence peut naître du mariage du verre et de la couleur, tout comme l’éclat surgit du miroir. L’étonnement naît de cette combinaison étrange et inédite.”

Claude Noël

Article publié le 3 décembre 2015.

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