Trois univers inspirés

Expositions du 3 au 10 novembre 2015

Vernissage des expositions le mardi 3 novembre, à partir de 18h30.

“On oublie trop souvent nos sens pour ne vivre que de l’esprit, mais qu’en est-il du corps et des sens ?”

Elle

Bérengère Jullian

Passionnée par les arts depuis sa plus tendre enfance et formée au conservatoire de danse, théâtre et musique, Bérengère Jullian, originaire de la Méditerranée, s’est alors dirigée vers le métier de comédienne et metteuse en scène. Une fois sur Paris, elle crée sa propre compagnie avec l’objectif de monter des spectacles associant et mélangeant plusieurs arts dont le cinéma, la peinture, la danse, la musique et le théâtre. Lors d’une de ses mises en scènes d’une pièce sur Frida Khalo, elle est amenée à travailler les décors et à se pencher plus sérieusement sur le monde de la peinture. Elle prend alors une réelle passion à peindre. Autodidacte et vagabondant de musée en musée, d’artistes en artistes, elle affine son trait et son style et prend le pseudonyme de Magda. Grande admiratrice de la peinture du XVIIe, XIXe et XXe siècles sans renier les classiques, elle met au centre de sa création la forme, le trait vif et instinctif ainsi que la force de la couleur. Elle envisage l’acte de peindre comme une symphonie musicale et se plaît à jouer des couleurs, des gestes et du corps humain. La nature et le corps nu sont chez elle prépondérants car ils sont pour elle une métaphore de l’âme et de l’esprit pris au piège de la loupe artistique. Elle préfère suggérer que clarifier les choses. Dans son art, elle aime jouer avec le spectateur. Son objectif est de titiller le spectateur et son imagination, le laisser lui-même se poser les questions et par là même de le toucher… C’est ainsi qu’elle perçoit la création et la diffusion artistique. Dans ses toiles, Bérengère se plaît à utiliser diverses techniques : acrylique, collage, feutre, fusain. Travaillant aussi la photographie artistique, elle y intègre la peinture petit à petit. Passionnée de danse et de musique, ces éléments se retrouvent dans sa peinture. Le travail de la forme et de la couleur est pour elle un moyen de suggérer sa vision de la vie, un vrai voyage à travers les sens, un retour à la base qu’elle travaille également au théâtre et dans son écriture.

En avril 2015, elle a ouvert sa première galerie virtuelle. Voici également son site, mis à jour régulièrement. Elle attend vos visites et vos commentaires avec impatience.

Carla Gomes

“Je puise mon inspiration des scènes quotidiennes et surtout de mes deux filles (Margot et Capucine). 
Je travaille avec de la peinture acrylique et de la peinture à l’huile.
Mon univers haut en couleur, est empreint d’histoires “comme celle d’Alice au pays des merveilles”, de poésie, entre beauté imaginaire et art naïf.”

Les émaux haute température… une révélation

De septembre 2006 à juin 2008, je suis les cours d’émaux de grès (1300 degrés) et d’émaux de cendres, dispensés par Helena Klug, dans son atelier Massapê, à Paris. La découverte des émaux haute température est une révélation. “Il y a une notion poétique du minéral. On descend dans les entrailles de la terre pour y chercher quelque chose qui éclate en plein jour avec beaucoup de chaleur. On le fixe pour  l’éternité”, écrivait René Ben Lisa.

Francesca Teresa Ruoppolo

“C’est sur le thème de l’Allégorie de la caverne que s’appuie cette nouvelle exposition que je vous propose aujourd’hui. Les hommes sont-ils devenus aveugles ? Ou sont-ils des aveugles qui voient, atteints d’un aveuglement dû au repli sur soi de notre monde actuel ? Tristes aveugles que nous sommes !

Imaginez, dit Socrate, des prisonniers dans une caverne souterraine, qui ont derrière eux un feu, et sont attachés d’une façon telle qu’ils ne puissent voir sur le mur d’en face, que les ombres de marionnettes manipulées au-dessus d’un mur situé dans leur dos. […]

Avec ma sculpture “La dialectique ou Le chant de la mer”,  je mets en scène une femme immobilisée dans une demeure souterraine. Figée, comme un rocher sous la mer, dans la solitude de sa grotte, elle tourne le dos à la réalité. Un coquillage à l’oreille, dans son immobilité éternelle et infinie, elle écoute les voix du monde sensible. […]

Marc Aurèle était un stoïcien. Il naquit à Rome en l’an 121 de notre ère. Il avait une philosophie pratique de la vie qu’il exposa dans son unique ouvrage “Pensées pour moi-même.” “La sphère de l’âme reste semblable à elle-même lorsque sans s’étendre au dehors  ni se concentrer au-dedans, sans s’éparpiller ni se contracter, elle s’éclaire d’une lumière qui lui fait lui fait voir la vérité, celle de toutes choses et celle qui est en elle.” (Livre XI, chap. XII).

Voir la vérité. Atteindre la connaissance. Je me souviens d’un livre “La symphonie pastorale” d’André Gide : une jeune fille  aveugle de naissance meurt de folie quelques semaines après l’opération qui lui a permis de voir. […]

Atteindre la connaissance malgré tout. Coûte que coûte. La connaissance de soi. Tout est là. Méditer. Le Nirvana. La sérénité suprême. L’art de l’Inde me ravit de même que la sculpture bouddhique.

“Pour arriver aux belles formes, disait Ingres, il faut modeler rond et sans détails intérieurs.” Aristide Maillol, Ingres, l’art Khmer, l’art égyptien, ma rencontre en 1999 avec le statuaire Henri Murail sont tant de modèles décisifs dans ma façon de sculpter. […]

“L’artiste doit avoir la sensation du tout, le culte de l’ensemble, uni à la recherche de l’intimité profonde, disait Bourdelle. L’art c’est tout l’univers recréé par un homme.”
On ne nait pas artiste, on apprend à le devenir.”

Article publié le 21 octobre 2015.

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